Consommation de drogues : pour l’abstinence, contre le laxisme
25 septembre 2007 par Claude RueyS’accommoder du mal ne l’a jamais transformé en bien. Banaliser l’usage des drogues ne les a jamais rendues inoffensives. Il n’y a pas de drogues innocentes. Et les jeunes ont besoin de repères. Ce sont ces convictions qui m’ont conduit, avec les Conseillers nationaux libéraux, à m’opposer avec succès à la dépénalisation du cannabis lors du débat au Conseil national. Plus récemment encore, lors de la révision de la Loi sur les stupéfiants, grâce à l’appui d’une majorité de centre-droite, j’ai pu obtenir, contre l’avis de la gauche et du Conseil fédéral (sic), que la loi fixe pour objectif premier de viser à l’abstinence.
Pourquoi cela ? Certes, la consommation unique ou occasionnelle ne doit pas être inutilement stigmatisée. Cela n’est d’ailleurs pas le cas aujourd’hui ; dans la loi actuelle, il ne s’agit ni d’un crime, ni d’un délit, mais d’une simple contravention, pour laquelle le juge a d’ailleurs la faculté d’exempter le consommateur de toute peine. En revanche, dépénaliser, libéraliser la consommation est un signal tout à fait contre-productif pour notre jeunesse, qui y verra un signe de banalisation, voire d’encouragement inadmissible. Comment rendre le message de prévention crédible si simultanément on ouvre les vannes de la consommation ? Comment prendre au sérieux le danger que comporte la prise régulière de stupéfiants si dans le même mouvement on publie un message contradictoire ? Il y a là, à défaut d’hypocrisie consciente, à tout le moins tromperie à l’égard de nos jeunes. L’éthique commande de leur fournir des repères clairs sur lesquels se fonder, plutôt que de céder à ce que je qualifierai de non-assistance à personnes en danger !
D’un point de vue libéral, on peut bien sûr affirmer que la liberté est au-dessus de tout – y compris la liberté de se détruire. Mais c’est oublier la responsabilité. Et la responsabilité existe autant par rapport à soi – je dois être capable d’assumer mon rôle social et assumer mes charges- que par rapport à autrui – je ne peux pas laisser mon prochain s’autodétruire. Le respect de la personne, qui est au centre du libéralisme, exige donc que l’on se préoccupe du sort des plus vulnérables, en l’occurrence les jeunes.
Au moment où les enseignants se plaignent de plus en plus de voir des élèves apathiques ou somnolents, parce que sous l’emprise des effets du cannabis, au moment où le taux de THC contenu dans les produits cannabiques augmente considérablement – il a quintuplé, voire décuplé dans certains cas –, au moment où de récentes études scientifiques démontrent les risques de schizophrénie liés à la consommation du cannabis, ce n’est vraiment pas le rôle des pouvoirs publics que de banaliser les dangers de la consommation des stupéfiants, ce n’est pas le moment de renoncer à fixer des limites à nos jeunes, ce n’est pas le moment de démissionner.
Claude Ruey, candidat au Conseil national


25 septembre 2007 at 16:16
Je vous laisse découvrir le blog du candidat PLR Jurassien Germain Hennet sur : www.germain-hennet.ch.