Ainsi, l’Etat, les Communes et toutes autres collectivités publiques, ne doivent pas tout assumer et peuvent concentrer leurs actions sur les tâches prioritaires, telles la Justice, la Sécurité, l’Enseignement, l’Aide sociale, l’Aménagement du territoire, etc. C’est leur intérêt direct de créer des synergies en mobilisant les ressources privées intéressées à contribuer au bien public. Le parapublic, notamment dans le secteur de la santé, est nécessaire et doit être développé, mais à condition qu’on lui laisse un maximum d’autonomie.
Il y a quelque temps, alors que je faisais campagne sur le thème « gérer le parapublic avec la dynamique du privé ! » quelqu’un m’a fait remarquer que le terme « parapublic » est barbare, peu compréhensible et entre dans ce jargon technocratique parfois obscur du monde subventionné ! Ca m’a paru un peu court et donc justifier une analyse.
D’abord au plan de la définition, il est utile de dire ce que signifie parapublic au sens du dictionnaire. On y lit qu’est parapublic ce qui s’apparente au secteur public. Il apparaît donc clairement que, puisque c’est ce qui s’apparente au public, ce n’est pas ce qui est public. Le parapublic est donc effectivement tout ce qui n’est pas public, mais qui de par les tâches et fonctions qu’il assure est proche du public. On peut même dire, partant du principe que tout ce qui n’est pas public est privé, que ce sont toutes les tâches et missions publiques qui sont proches du secteur public mais gérées de façon privées. Des entreprises administrées selon des règles de gouvernance leur assurant un fonctionnement optimal, des contrôles adéquats et des résultats.
Partant de là , il est utile de tenter l’inventaire des activités ou entreprises qui entrent dans cette catégorie. Nous allons y trouver les hôpitaux, la plupart des EMS, des institutions pour handicapées et pour enfants, mais bien d’autres entreprises encore comme les Retraites Populaires, l’ECA, ou le futur Service des Automobiles autonomisé.
Bien sûr que, de fait, la limite est souvent relativement floue entre privé et public, et qu’il va se trouver nombre de gens, d’abord à gauche mais aussi à droite, pour considérer qu’il ne faut pas maintenir ce type de structures hybrides, qu’il faut être clair et que l’on est soit privé soit public mais pas entre les deux. Ceux qui tiennent ce raisonnement seront donc bien tentés de dire que tant qu’à faire il vaut mieux étatiser purement et simplement, sans réaliser que cela renforce encore l’énorme machine publique.
Personnellement, je pense exactement le contraire. Il ne faut garder dans le cadre public que tout ce qui l’est clairement et qui ressort des tâches prioritaires de l’Etat. Tout le reste doit être laissé au génie propre du domaine privé, quitte à mettre en place, évidemment, les systèmes de contrôle idoines qui garantissent le bon usage des subventions. Cette vision, qui implique que l’on « décantonalise » en rendant autonome, est intelligente, efficace et performante. Elle permet la mise en place de cloisonnement entre les structures, elle rend la prise de décision plus rapide et circonstanciée, elle favorise une gestion des conditions salariales sectorielle spécifique (CCT) et renforce l’approche stratégique et prospective de toutes ces entités.
Je défends donc mordicus qu’il y a de la place entre le privé et le public pour le parapublic, et qu’il y a lieu maintenant de bien le définir. Cette définition, je la vois fondée sur les axes de l’autonomie et de la liberté de gestion, des responsabilités claires selon les principes usuels de bonne gouvernance, de la juste rémunération du travail accompli, de la recherche d’un équilibre financier pérenne et, enfin, d’une saine recherche de profit, non personnel, réinvestit dans l’accomplissement du but fixé.
Ces valeurs, très libérales au demeurant, révèlent même que ces structures privées d’intérêt public, parties intégrantes du réseau parapublic, représentent le summum d’une gestion libérale !
Vaste débat, vous en conviendrez ; merci donc de donner votre avis.
 Pierre Rochat, Candidat libéral au Conseil national, Montreux
Â